Carte BRGM janvier 2026 Chaque chiffre sourcé Guide vérifié — août 2026

Retrait-gonflement des argiles : le guide de référence

Le sol argileux gonfle quand il pleut, se rétracte quand il sèche, et la maison posée dessus finit par se fissurer. En quelques années, ce phénomène discret est devenu l'un des risques naturels les plus coûteux du pays. Ce guide explique le mécanisme, ce que dit la carte officielle de votre adresse, qui prend en charge quoi, et ce que la loi a changé depuis 2024.

Le RGA en quatre chiffres officiels

55 %du territoire hexagonal en exposition moyenne ou forte, contre 48 % en 2020.
12,1 Mde maisons individuelles existantes concernées, soit 61,5 % du parc.
16 500 €coût moyen estimé d'un sinistre RGA sur une maison individuelle.
3,5 Md€de sinistralité sécheresse pour la seule année 2022, un record.

Source : Géorisques (ministère de la Transition écologique), d'après la cartographie d'exposition BRGM de janvier 2026. Chiffres vérifiés le 13 août 2026.

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Ce qui se passe sous votre maison

Une argile n'a pas un volume fixe. Géorisques le résume ainsi : « un matériau argileux a une consistance variable selon la teneur en eau du sol. Dur et cassant lorsqu'il est sec, il devient meuble à partir d'un certain degré d'humidité ». En été, le sol se rétracte et perd du volume ; au retour des pluies, il gonfle et le reprend.

Le problème n'est pas ce mouvement, c'est son irrégularité. Une façade exposée plein sud sèche plus vite qu'un mur au nord ; un arbre pompe l'eau d'un côté du bâtiment et pas de l'autre ; une partie des fondations repose sur un banc argileux, l'autre non. Le sol descend et remonte de façon inégale, ce sont les tassements différentiels, qui peuvent atteindre plusieurs centimètres. La maçonnerie, elle, ne se déforme pas : elle casse.

Schéma du mécanisme de retrait-gonflement : en été le sol argileux se rétracte sous une partie des fondations et la façade se fissure en escalier ; en hiver le sol gonfle de façon inégale et la fissure persiste Été — sécheresse : le sol se rétracte Hiver — pluies : le sol regonfle, inégalement vide sous fondation fissure en escalier l'arbre pompe l'eau la fissure persiste le sol remonte plus d'un côté que de l'autre
Le mécanisme du tassement différentiel : le sol argileux bouge de façon inégale sous les fondations, la maçonnerie encaisse — schéma illustratif, sans échelle.

Trois caractéristiques rendent ce risque particulier, et particulièrement pénible à vivre :

  • Il est lent. Les désordres apparaissent sur plusieurs saisons, parfois plusieurs années après l'épisode déclencheur. Rien à voir avec une inondation, qui se date à l'heure près.
  • Il est saisonnier et réversible en apparence. Une fissure peut sembler « se refermer » à l'automne. Le mouvement, lui, continue.
  • Il est cumulatif. Chaque cycle sécheresse-réhydratation fatigue un peu plus la structure. C'est la répétition qui abîme, pas l'événement isolé.
💡 Pourquoi le sujet explose : selon Géorisques, la charge annuelle moyenne du régime catastrophe naturelle liée à ce phénomène s'élève à environ 1 milliard d'euros depuis 2016, contre 400 millions sur la période 1989-2015. Environ 240 000 sinistres RGA ont été enregistrés entre 2018 et 2022, soit 58 % de la totalité des sinistres RGA depuis 1989. La Caisse centrale de réassurance le classe désormais au deuxième rang des risques naturels les plus indemnisés en France, derrière les inondations. Le phénomène n'est pas nouveau ; son intensité, si.

Suis-je exposé ? Ce que dit la carte, ce qu'elle ne dit pas

L'exposition au RGA se lit sur une carte nationale produite par le BRGM et diffusée par Géorisques. Elle croise la nature géologique des sols et la sinistralité observée, et classe le territoire en trois niveaux : exposition faible, moyenne ou forte.

Cette carte vient d'être refaite. Un arrêté du 9 janvier 2026 a actualisé le zonage de 2020 pour tenir compte de la forte sinistralité observée ces dernières années. Résultat : les zones d'exposition moyenne et forte « couvrent désormais 55 % du territoire hexagonal, contre 48 % en 2020 », et concernent 12,1 millions de maisons individuelles existantes (61,5 % du parc) contre 10,3 millions auparavant. Des dizaines de milliers de propriétaires ont donc changé de catégorie sans rien faire.

⚠️ Une carte d'exposition n'est pas un diagnostic. Elle décrit la susceptibilité du sol à l'échelle d'un secteur, à partir de données géologiques et statistiques. Elle ne dit rien de vos fondations, de la profondeur réelle de l'argile sous votre bâtiment, ni de la végétation qui l'entoure. Être classé en exposition forte ne signifie pas que votre maison sera sinistrée : beaucoup de bâtiments en zone forte ne bougeront jamais. Inversement, une zone faible n'exclut pas un désordre localisé. Seule une étude géotechnique sur votre parcelle décrit votre sol.

Cela dit, connaître son niveau d'exposition change trois choses très concrètes : cela conditionne les obligations à la vente et à la construction, cela oriente les précautions d'entretien à prendre, et cela vous évite de découvrir le sujet le jour où une fissure apparaît. C'est exactement ce que fait notre test d'exposition par adresse : il interroge les bases officielles et vous renvoie votre niveau de classement, sans inscription.

Les signes qui doivent vous alerter

Toutes les fissures ne sont pas des fissures de sécheresse, et c'est une bonne nouvelle : beaucoup relèvent du simple retrait des enduits ou du vieillissement normal. Quelques indices orientent malgré tout vers un mouvement de sol.

  • Des fissures en escalier qui suivent les joints de la maçonnerie, souvent aux angles et autour des ouvertures.
  • Des fissures traversantes, visibles à l'identique à l'intérieur et à l'extérieur du mur.
  • Une évolution saisonnière : l'ouverture varie entre la fin de l'été et le printemps.
  • Des effets secondaires : portes et fenêtres qui coincent, carrelage qui se soulève, décollement d'un perron ou d'une terrasse par rapport à la façade.
Sol argileux craquelé par la sécheresse dans un jardin, au pied d'une maison individuelle
Un sol argileux desséché qui se fissure en surface : le retrait est déjà engagé en profondeur, sous les fondations (illustration).
⚠️ Aucun contenu en ligne, celui-ci compris, ne peut qualifier vos fissures. L'origine d'un désordre structurel se détermine sur place, par un professionnel qui examine le bâti, le sol et son environnement. Si vous constatez des fissures évolutives ou traversantes, faites-les constater, photographiez-les avec une référence d'échelle et une date, et rapprochez-vous de votre assureur ainsi que d'un expert en pathologie du bâtiment. En cas de doute sur la sécurité, contactez votre mairie.

Nous détaillons la marche à suivre, du premier constat jusqu'à l'indemnisation, dans notre guide dédié : fissures liées à la sécheresse, que faire et qui paie.

Qui prend en charge quoi : le vrai tableau

C'est ici que se concentrent les malentendus les plus coûteux. Le RGA ne fonctionne pas comme les autres risques naturels : le fonds Barnier, principal dispositif d'aide à la prévention des risques majeurs, ne le couvre pas. Pour l'indemnisation des dommages, tout passe par l'assurance — et côté prévention, une expérimentation d'État dédiée existe depuis 2025 dans onze départements (voir le tableau).

Prise en charge des désordres liés au retrait-gonflement des argiles (août 2026)
DispositifCouvre-t-il le RGA ?Conditions déterminantesSource
Garantie catastrophe naturelle
(contrat multirisque habitation)
Oui, c'est la voie principale. Arrêté interministériel de reconnaissance publié au Journal officiel pour votre commune, déclaration sous 30 jours, et dommages de nature à affecter la solidité du bâtiment ou à entraver son usage normal. Franchise légale de 1 520 € pour un mouvement de terrain consécutif à la sécheresse ou à une réhydratation du sol (380 € pour les autres catastrophes naturelles sur un bien d'habitation). Art. L.125-2 c. assurances (déclaration) · art. A.125-6 (franchise) · décret n° 2024-82 du 5 février 2024
Fonds Barnier (FPRNM) Non. Les services de l'État sont explicites : le risque de retrait-gonflement des argiles « relève de la procédure Catastrophes Naturelles CATNAT ». Le fonds finance la prévention d'autres aléas (inondation, submersion marine, traitement de cavités souterraines), pas les mesures RGA. Services de l'État en Maine-et-Loire
Fonds de prévention argile
(expérimentation d'État)
Oui, dans 11 départements. Expérimentation lancée en 2025 (décret n° 2025-920 du 6 septembre 2025) : finance le diagnostic de vulnérabilité et des travaux de prévention de 50 à 90 % selon les ressources, dans onze départements pilotes. Conditions strictes (résidence principale, maison individuelle, zone d'exposition forte, notamment) : vérifiez votre éligibilité sur le simulateur officiel — c'est un dispositif distinct du fonds Barnier, et il est méconnu. fonds-prevention-argile.beta.gouv.fr
Garantie décennale du constructeur Éventuellement, hors régime Cat-Nat. Voie distincte, à envisager si la maison a moins de dix ans depuis la réception des travaux et que les désordres compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination (art. 1792 du code civil). La qualification juridique et l'articulation avec la garantie Cat-Nat relèvent d'un avocat ou d'un expert d'assuré. Art. 1792 du code civil
⚠️ La confusion la plus fréquente. Beaucoup de propriétaires montent un dossier de subvention pour des travaux liés aux argiles et se heurtent à un refus des mois plus tard. Le test d'éligibilité au fonds Barnier reste utile si votre bien est également exposé à l'inondation — mais pour le seul RGA, ce n'est pas le bon guichet.

Ce que la loi a changé depuis 2024

Pendant longtemps, l'indemnisation des sinistres sécheresse a buté sur un obstacle logique : le régime des catastrophes naturelles suppose « l'intensité anormale d'un agent naturel », notion taillée pour des événements brutaux. Or le RGA détruit par accumulation, pas par intensité. Des communes entières étaient refusées.

L'ordonnance du 8 février 2023

L'ordonnance n° 2023-78 du 8 février 2023 a modifié le code des assurances pour traiter ce point. Dans sa version en vigueur depuis le 1er janvier 2024, l'article L125-1 vise expressément « les mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols, la succession anormale d'événements de sécheresse d'ampleur significative ».

Autrement dit : une commune peut désormais être reconnue au titre d'un enchaînement de sécheresses, et plus seulement d'un épisode unique exceptionnel. L'ordonnance encadre également l'expertise d'assurance et impose d'affecter l'indemnité perçue aux travaux de réparation.

Le décret du 5 février 2024

Le décret n° 2024-82 du 5 février 2024 a précisé les conditions d'indemnisation, applicables aux sinistres survenus à compter du 1er janvier 2024. Deux règles à connaître avant toute démarche :

  • la garantie est limitée aux dommages de nature à affecter la solidité du bâtiment ou à entraver son usage normal — le décret couvre aussi les désordres de nature à évoluer défavorablement vers ce stade ; seules les fissures purement esthétiques, sans potentiel d'aggravation, restent hors champ. Dans le doute, déclarez ;
  • l'indemnité doit être affectée aux travaux de réparation, sauf lorsque le coût des réparations excède la valeur vénale du bien.
Le calendrier, en pratique. Votre commune dispose d'un délai maximal de 24 mois après l'événement naturel pour demander la reconnaissance. Une fois l'arrêté publié au Journal officiel, vous avez 30 jours pour déclarer le sinistre à votre assureur. Celui-ci verse une provision dans les 2 mois suivant la remise de l'état estimatif des dommages, dispose d'1 mois pour vous faire une proposition d'indemnisation, puis de 21 jours pour verser après votre accord (art. L.125-2 du code des assurances, version en vigueur). Ces délais sont courts : surveillez les publications concernant votre commune.

Reconnaissance et indemnisation restent deux décisions distinctes, prises l'une par l'État, l'autre par votre assureur au vu de l'expertise. Aucune de ces évolutions ne garantit une prise en charge : elles élargissent l'accès à la procédure, pas son issue.

Votre adresse est-elle en zone d'exposition moyenne ou forte ?

Le zonage a changé au 1er juillet 2026. Saisissez votre adresse : nous interrogeons les bases officielles et vous renvoyons votre niveau d'exposition et les arrêtés catastrophe naturelle de votre commune.

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Vendre, acheter, construire : vos obligations

Depuis la loi ELAN, le code de la construction et de l'habitation impose des obligations spécifiques dans les zones d'exposition moyenne ou forte. Le nouveau zonage de l'arrêté du 9 janvier 2026 s'applique aux promesses et actes authentiques de vente de terrains constructibles non bâtis, ainsi qu'aux contrats de construction de maisons individuelles, conclus depuis le 1er juillet 2026. Des terrains qui n'étaient pas concernés le sont devenus du jour au lendemain.

  1. Vous vendez un terrain non bâti constructible. Vous devez faire réaliser une étude géotechnique préalable, à votre initiative et à vos frais, annexée à la promesse de vente ou, à défaut, à l'acte authentique. Elle reste annexée au titre de propriété et suit les mutations successives du terrain. L'obligation ne s'applique pas lorsque les règles d'urbanisme interdisent la construction de maisons individuelles sur le terrain (art. L132-5 du code de la construction et de l'habitation).
  2. Vous faites construire. Le maître d'ouvrage doit, avant la conclusion du contrat, transmettre l'étude géotechnique aux constructeurs — ou en fournir une équivalente si elle n'existe pas. Le contrat doit préciser que le constructeur l'a reçue et que les travaux intègrent les mesures nécessaires (art. L132-6). Sur le chantier, deux voies : appliquer les techniques particulières de construction prévues par la réglementation, ou respecter les dispositions définies par une étude géotechnique de conception.
  3. Vous achetez. Réclamez l'étude géotechnique préalable et lisez-la. Sa durée de validité est de trente ans si aucun remaniement du sol n'a été effectué (art. R132-6) : une étude ancienne peut donc rester valable, sauf si le terrain a été terrassé, remblayé ou décaissé depuis.

À noter : ces obligations visent les terrains à bâtir et les constructions neuves. La vente d'une maison existante n'impose pas de commander une étude géotechnique — mais si une étude a été réalisée pour la construction, l'article L132-8 impose de l'annexer à la promesse ou à l'acte de vente ; pour le reste, l'information passe par l'état des risques et pollutions remis à l'acquéreur. Textes de référence : articles L132-4 à L132-9 du code de la construction et de l'habitation.

Limiter le risque sur une maison existante

On ne change pas la nature de son sol. En revanche, l'essentiel des mesures de prévention vise un seul objectif, rappelé par Géorisques : limiter les variations de teneur en eau du terrain à proximité de l'ouvrage, qu'elles viennent des apports d'eaux pluviales et de ruissellement ou de l'action de la végétation. Un sol dont l'humidité reste stable ne travaille pas.

Cela se traduit par des gestes d'entretien accessibles, dont aucun ne relève de gros œuvre :

  • Évacuer les eaux de pluie loin des fondations. Gouttières et descentes en bon état, rejets raccordés et éloignés du pied de façade : une descente qui déverse contre le mur crée une zone détrempée en permanence, donc un différentiel.
  • Surveiller les canalisations enterrées. Une fuite discrète sur un réseau d'eau ou d'assainissement humidifie le sol de façon très localisée. C'est une cause classique de désordre.
  • Traiter la question de la végétation. Les arbres et arbustes proches d'un bâtiment prélèvent l'eau du sol et accentuent le retrait en période sèche. Selon les cas, on éloigne la plantation ou on interpose un écran anti-racines — un professionnel arbitre.
  • Homogénéiser les abords. Un dispositif périphérique imperméable autour de la maison limite l'évaporation directe et les infiltrations en pied de façade.

Pour le neuf, les principes retenus par la réglementation sont d'un autre ordre : des fondations renforcées et suffisamment profondes, et une structure rigidifiée par des chaînages horizontaux et verticaux et des linteaux au-dessus des ouvertures, afin qu'elle encaisse les mouvements sans se disloquer.

⚠️ Sur une maison déjà fissurée, aucune de ces mesures ne remplace un diagnostic. Les techniques de reprise structurelle — injection de résine expansive, reprise en sous-œuvre, écrans anti-racines — se choisissent après une étude de sol et une analyse des désordres, jamais sur catalogue. Méfiez-vous de tout démarchage qui propose une solution avant d'avoir étudié votre sol.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le retrait-gonflement des argiles ?

La variation de volume d'un sol argileux selon sa teneur en eau : l'argile se rétracte en période de sécheresse et gonfle au retour des pluies. Ces mouvements n'étant jamais uniformes sous une maison, ils provoquent des tassements différentiels du sol de fondation, pouvant atteindre plusieurs centimètres selon Géorisques. La structure, elle, ne suit pas : elle se fissure. Le phénomène est lent, saisonnier et cumulatif, ce qui le distingue d'un effondrement brutal.

Comment savoir si ma maison est en zone argileuse ?

L'exposition se lit sur la carte nationale du BRGM diffusée par Géorisques, actualisée par l'arrêté du 9 janvier 2026 et consultable adresse par adresse. Elle classe le territoire en exposition faible, moyenne ou forte ; les zones moyenne et forte couvrent désormais 55 % du territoire hexagonal, contre 48 % en 2020. Attention à ce qu'elle dit et ne dit pas : elle décrit la susceptibilité du sol à l'échelle d'un secteur, pas l'état de votre maison. Être en zone forte ne signifie pas que votre bien sera sinistré, et une zone faible n'exclut pas un désordre local.

Les fissures dues à la sécheresse sont-elles couvertes par l'assurance ?

Elles peuvent l'être au titre de la garantie catastrophe naturelle, mais trois conditions se cumulent : un arrêté interministériel de reconnaissance publié au Journal officiel pour votre commune, une déclaration sous 30 jours après cette publication, et des dommages qui, depuis le décret du 5 février 2024, sont de nature à affecter la solidité du bâtiment ou à entraver son usage normal. La franchise légale est de 1 520 € pour un mouvement de terrain consécutif à la sécheresse ou à une réhydratation du sol, contre 380 € pour les autres catastrophes naturelles sur un bien d'habitation. La procédure complète est détaillée ici.

Le fonds Barnier finance-t-il les travaux liés au retrait-gonflement des argiles ?

Non. Le fonds de prévention des risques naturels majeurs (FPRNM, dit fonds Barnier) ne finance pas les mesures de prévention du RGA : les services de l'État rappellent que ce risque relève de la procédure catastrophe naturelle pour l'indemnisation des dommages. Le fonds Barnier intervient sur d'autres aléas, notamment l'inondation, la submersion marine ou le traitement des cavités souterraines. C'est une confusion fréquente, et elle coûte du temps aux propriétaires qui montent un dossier voué au refus.

Qu'est-ce que l'ordonnance du 8 février 2023 a changé ?

L'ordonnance n° 2023-78 du 8 février 2023 a modifié le code des assurances pour améliorer la prise en charge des désordres liés à la sécheresse. Depuis sa version en vigueur au 1er janvier 2024, l'article L125-1 vise expressément les mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols ainsi que la succession anormale d'événements de sécheresse d'ampleur significative : une commune peut donc être reconnue au titre d'un enchaînement de sécheresses, et plus seulement d'un épisode unique d'intensité anormale. L'ordonnance encadre par ailleurs l'expertise d'assurance et impose d'affecter l'indemnité perçue aux travaux de réparation.

Dois-je faire une étude de sol pour vendre mon terrain ?

Oui si vous vendez un terrain non bâti constructible situé en zone d'exposition moyenne ou forte : l'article L132-5 du code de la construction et de l'habitation impose au vendeur de faire réaliser une étude géotechnique préalable, annexée à la promesse ou à l'acte de vente. Elle reste annexée au titre de propriété et suit les mutations successives ; sa durée de validité est de trente ans si aucun remaniement du sol n'a été effectué. Le nouveau zonage issu de l'arrêté du 9 janvier 2026 s'applique aux promesses et actes conclus depuis le 1er juillet 2026, ce qui fait entrer de nouveaux terrains dans l'obligation.

Existe-t-il une aide publique pour financer la prévention du RGA ?

Oui, mais pas le fonds Barnier. Depuis 2025, une expérimentation d'État — le fonds de prévention argile (décret n° 2025-920 du 6 septembre 2025) — finance dans onze départements pilotes le diagnostic de vulnérabilité et des travaux de prévention, de 50 à 90 % selon les ressources, sous conditions strictes (résidence principale, maison individuelle, zone d'exposition forte, notamment). L'éligibilité se vérifie sur le simulateur officiel. En dehors de cette expérimentation, le RGA relève de la seule garantie catastrophe naturelle, pour l'indemnisation des dommages.

Pour aller plus loin : vérifier l'exposition de votre adresse · fissures et sécheresse, la marche à suivre · échanger avec un conseiller.

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Niveau d'exposition de votre adresse sur la carte 2026, arrêtés catastrophe naturelle déjà pris sur votre commune, obligations qui s'appliquent à votre bien : le diagnostic est gratuit et sans engagement. Un conseiller SEDIPEC répond ensuite à vos questions sur la prévention des risques naturels de votre bâtiment.

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